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La rapidité d’exécution et la baisse des notes : le triste visage des étudiants de l’IA


Par Frank Landimore .Publié le 2026/08/27 08:00
La rapidité d’exécution et la baisse des notes : le triste visage des étudiants de l’IA
Août. 27, 2026
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Dans le contexte de la révolution technologique qui s’accélère à un rythme effréné, les outils d’intelligence artificielle sont devenus pour les étudiants une véritable baguette magique, leur permettant d’accomplir leurs devoirs scolaires en un temps record. Mais derrière l’éclat des bonnes notes et la vitesse spectaculaire d’exécution se cache un piège dangereux, susceptible de menacer la construction des connaissances des générations futures.

De nouvelles recherches dressent un tableau sombre des conséquences de l’utilisation massive de l’intelligence artificielle sur les performances scolaires. Une vaste étude menée auprès de près de 27 000 élèves en Chine, âgés de 12 à 18 ans, révèle qu’environ 80 % d’entre eux reconnaissent avoir recours à des modèles tels que DeepSeek et Doubao, développé par ByteDance.

Les résultats obtenus par des chercheurs de l’Université de Stockholm et de l’Université de Hong Kong, et rapportés par The Economist, révèlent une évolution particulièrement inquiétante. Après six mois, les notes obtenues aux devoirs par les élèves utilisant l’intelligence artificielle avaient progressé de 18 % dans toutes les matières, tandis que le temps consacré à leur réalisation avait diminué de 30 %.

Mais la question fondamentale est la suivante : apprenaient-ils réellement, ou utilisaient-ils simplement la technologie comme une béquille pour parvenir plus facilement au résultat ? La réponse est pour le moins préoccupante : ces élèves ont obtenu aux contrôles mensuels des résultats inférieurs de 20 % à ceux de leurs camarades qui comptaient sur leurs propres efforts.

Cette réalité remet en cause des décennies de principes académiques établis, qui associaient de bonnes performances dans les devoirs à la réussite aux examens. Ceux qui étaient censés figurer parmi les meilleurs se retrouvent ainsi parmi les moins performants lorsqu’ils sont confrontés à des épreuves écrites rigoureuses.

Choc dans les salles de classe : la vérité éclate au grand jour 

Pour les universitaires et les enseignants sur le terrain, ces données n’ont rien eu de surprenant. Au cours de l’année universitaire actuelle, un professeur de l’Université Brown a constaté chez ses étudiants des performances exceptionnellement élevées, mais aussi suspectes, lors d’un examen partiel effectué à domicile. La moyenne dépassait 90 points et la moitié des étudiants de la classe avait obtenu la note maximale.

Face à ces résultats, le professeur a décidé de confronter ses étudiants à ses soupçons de fraude systématique et de changer les règles du jeu en organisant l’examen final en présentiel, dans les salles de cours.

Le résultat a confirmé son intuition : la moyenne de l’examen final s’est effondrée à seulement 48 %, alors qu’elle s’était historiquement toujours maintenue à un niveau d’au moins 65 %. Plus surprenant encore, des dizaines d’étudiants ne se sont pas présentés à l’examen final. La plupart d’entre eux avaient pourtant obtenu la note maximale lors de l’épreuve réalisée à domicile.

Inactivité cérébrale et affaiblissement de la pensée critique 

La crise dépasse largement la question des notes scolaires et touche aux capacités cognitives fondamentales. Une étude menée par le MIT a montré que les étudiants qui avaient recours à l’intelligence artificielle pour rédiger leurs dissertations présentaient une activité cérébrale moins importante que leurs camarades qui travaillaient de manière autonome.

Plus inquiétant encore, les utilisateurs de cette technologie étaient ensuite incapables de se souvenir du contenu de leurs dissertations ou d’en citer des passages. Lorsqu’on leur demandait ensuite d’écrire sans assistance, leur activité cérébrale demeurait faible.

Ces résultats rejoignent ceux d’autres études qui indiquent que l’intelligence artificielle peut affaiblir les capacités de pensée critique et être associée à une diminution des performances de la mémoire.

Cette dernière étude s’inscrit également dans le prolongement des analyses cognitives précédentes. Les pertes d’apprentissage les plus importantes ont été observées dans les sciences sociales, suivies des disciplines relevant des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques, ainsi que des langues.

Paradoxalement, les étudiants qui utilisaient l’intelligence artificielle tout en consacrant à leurs devoirs le même temps qu’auparavant subissaient des pertes cognitives moins importantes, sans toutefois y échapper complètement.

Inflation des notes et crise de l’évaluation académique 

Cette réalité donne une nouvelle dimension aux inquiétudes liées au phénomène de l’inflation des notes, qui s’est récemment propagé dans les établissements d’enseignement.

Les recherches récentes montrent que la proportion d’étudiants obtenant une mention excellente dans les cours universitaires les plus exposés à l’intervention de l’intelligence artificielle — notamment dans les sciences humaines et l’ingénierie — a augmenté de 30 % depuis le lancement de ChatGPT.

La crédibilité de l’ensemble du système d’évaluation académique se trouve ainsi remise en question.

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