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Sentiments et comportements humains : une enquête officielle sur la conscience de l’intelligence artificielle


Par Frank Landymore .Publié le 2026/06/03 22:52
Sentiments et comportements humains : une enquête officielle sur la conscience de l’intelligence artificielle
Juillet. 03, 2026
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Les modèles d’intelligence artificielle (IA) possèdent-ils une conscience d’eux-mêmes ? Et, dans le cas contraire, pourraient-ils en développer une dans un avenir proche ? Bien que cette hypothèse demeure hautement spéculative, les entreprises du secteur semblent avoir intérêt à entretenir le débat autour d’un scénario qui, en plus de fasciner le public, pourrait servir leurs propres intérêts.

Dans ce contexte, un rapport du Financial Times a révélé que trois des plus grandes entreprises du domaine — Anthropic, le laboratoire d’IA de Google (DeepMind) et Meta — ont recruté des spécialistes en psychologie, en philosophie et en éthique afin d’étudier deux questions particulièrement complexes : la conscience des machines et le bien-être des systèmes d’IA.

Des tests de « panique » et des débats éthiques dans les laboratoires d’IA

Anthropic est sans doute l’entreprise qui a le plus contribué à humaniser l’image de ses modèles. Outre le fait d’avoir donné à son célèbre chatbot un prénom humain, Claude, la société soumettrait ses systèmes à des tests destinés à détecter des comportements comparables à la panique ou à l’anxiété. Elle mène également des recherches sur ce qu’elle appelle le « bien-être du modèle », afin de déterminer si ces systèmes pourraient connaître des états méritant une considération morale.

Dans un communiqué, l’entreprise a déclaré : « Nous demeurons dans une profonde incertitude à ce sujet, mais nous estimons que cette question est suffisamment importante pour être étudiée sérieusement à mesure que les capacités des systèmes d’IA progressent. »

De son côté, DeepMind a recruté Henry Shevlin, chercheur à l’Université de Cambridge, en tant que philosophe spécialisé dans la conscience des machines, les relations entre humains et intelligence artificielle, ainsi que la préparation à l’intelligence artificielle générale (AGI). Par ailleurs, Iason Gabriel, directeur de l’équipe AGI et Société du laboratoire, a qualifié la question de la conscience artificielle d’« extraordinairement complexe », soulignant que les systèmes actuels sont « des agents cognitifs extrêmement performants, mais profondément différents de la conscience humaine, voire animale ».

Objectifs, tromperie et absence de sentiments : le scepticisme scientifique demeure

Ces interprétations se heurtent toutefois à une forte résistance au sein de la communauté scientifique. Le Financial Times cite Susan Schneider, directrice du Centre pour l’avenir de l’IA, de l’esprit et de la société, qui estime que les chatbots possèdent certaines formes limitées d’agentivité lorsqu’elle affirme que « les modèles d’IA ont des objectifs, peuvent tromper et dissimuler leurs véritables intérêts ». Elle reconnaît néanmoins qu’« il est scientifiquement possible qu’ils accomplissent tout cela sans disposer d’une expérience subjective réelle, qui constitue pourtant l’essence même de la conscience ».

Entre réalité et science-fiction

Si l’hypothèse d’une IA développant une forme de conscience ne peut être totalement exclue, rien ne permet aujourd’hui de la considérer comme une menace existentielle imminente. Pour l’instant, cette question demeure davantage du domaine de la spéculation scientifique et de la science-fiction que de celui des faits démontrés, à l’image des hypothèses concernant l’existence de civilisations extraterrestres avancées.

De nombreux observateurs estiment que l’engouement entretenu par l’industrie elle-même — notamment l’insistance du directeur général d’Anthropic, Dario Amodei, à évoquer les prétendues « émotions » et comportements humains de ses modèles — relève davantage de stratégies de communication et de marketing que de preuves scientifiques solides.

Après tout, pour de nombreuses entreprises technologiques, il est plus facile de capter l’attention du public à l’aide de scénarios futuristes et apocalyptiques dignes de Skynet que d’affronter les défis concrets et les conséquences bien réelles que l’intelligence artificielle engendre déjà aujourd’hui.

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