Défense planétaire : Et si l’arme nucléaire était finalement la clé face aux astéroïdes tueurs ?
Par Victor Tangermann .Publié le
2026/02/09 16:47
Février. 09, 2026
Face à la menace d’un impact dévastateur, la science-fiction pourrait bien céder la place à une stratégie radicale. En bombardant une météorite avec un faisceau de plasma, des chercheurs ont fait une découverte déroutante qui pourrait changer notre manière de protéger la Terre.
De nombreux astéroïdes survivent à leur entrée incandescente dans l’atmosphère. Lorsqu’ils sont de taille conséquente, les dégâts sont apocalyptiques : en 2013, le météore de Tcheliabinsk (18 mètres de large) a explosé au-dessus de l’Oural, libérant une énergie 30 fois supérieure à celle de la bombe d’Hiroshima.
Si un objet plus massif venait à menacer l’humanité, il nous faudrait redoubler d’ingéniosité. Si la mission DART de la NASA a prouvé en 2022 qu’il était possible de dévier un astéroïde en le percutant avec un vaisseau — tel une bille de billard — cette méthode cinétique n'est pas toujours viable face aux incertitudes du cosmos.
Une résilience inattendue
Dans une étude publiée par la revue Nature Communications, une équipe internationale, incluant des scientifiques du CERN et de l’Université d’Oxford, a réexaminé l’idée de pulvériser un astéroïde avec une ogive nucléaire. Jusqu’ici, une crainte dominait : qu’une telle explosion ne transforme un tir de précision en un déluge de débris s’abattant sur notre planète.
Cependant, en utilisant le Super Proton Synchrotron (SPS) du CERN pour simuler les effets d’une déviation nucléaire, les chercheurs ont découvert que ces roches spatiales sont étonnamment résilientes.
« La défense planétaire est un défi scientifique », a déclaré Karl-Georg Schlesinger, cofondateur de la start-up Outer Solar System Company (OuSoCo), partenaire de l’étude. « Le monde doit pouvoir mener une mission de déviation nucléaire avec une confiance absolue, sans pouvoir réaliser de test en conditions réelles au préalable. »
Plus solide après l’impact
L’expérience a consisté à soumettre des échantillons d’une météorite riche en métaux à 27 impulsions intenses d’un faisceau de protons à l’installation HiRadMat du CERN. Les échantillons ont ensuite été analysés au laboratoire Rutherford Appleton au Royaume-Uni.
À la surprise générale, le matériau est ressorti renforcé de l’épreuve. « La matière est devenue plus solide, affichant une augmentation de sa limite d’élasticité et un comportement d’amortissement auto-stabilisant », explique Melanie Bochmann, cofondatrice d’OuSoCo.
Cette découverte est capitale : elle suggère que, pour les astéroïdes métalliques, nous pourrions utiliser une charge nucléaire plus puissante que prévu sans risquer une fragmentation catastrophique. Cela laisse ouverte une « option d’urgence » pour les objets massifs ou les délais d’alerte très courts.
Vers 2029 et au-delà
Les chercheurs disposeront bientôt de nouvelles données grâce à l'astéroïde Apophis (entre 300 et 450 mètres de large), qui frôlera la Terre en avril 2029 à une distance de seulement 32 000 kilomètres — plus près que certains satellites géostationnaires.
La suite du programme prévoit l’étude de matériaux plus complexes, comme les pallasites, composés de cristaux de magnésium enchâssés dans une matrice métallique. Au-delà de la sécurité terrestre, ces recherches pourraient éclairer les mystères de la formation des planètes, car ces objets proviendraient de la frontière entre le noyau et le manteau des premières protoplanètes.
Notez ce sujet