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Économie » Sciences

Des micro-organismes qui incitent aux comportements agressifs


Par Victor Tangermann .Publié le 2026/08/16 04:30
Des micro-organismes qui incitent aux comportements agressifs
Août. 16, 2026
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Une nouvelle étude scientifique pourrait déclencher une vaste controverse dans les milieux médicaux et psychologiques. Une équipe de chercheurs affirme avoir découvert un lien inédit entre le fragile équilibre du microbiote intestinal et certains modèles comportementaux associés à la psychopathie.

La psychopathie est considérée comme une structure de personnalité complexe et controversée, caractérisée notamment par une absence d’empathie, une faible capacité à contrôler son comportement et une tendance aux conduites antisociales, pouvant, dans ses formes les plus extrêmes, aller jusqu’aux comportements criminels.

Des recherches antérieures avaient déjà mis en évidence des anomalies et des corrélations au niveau des structures cérébrales impliquées dans ces traits, notamment les voies neuronales du cortex préfrontal. La nouvelle étude propose désormais d’étendre de manière radicale ces liens au microbiome humain.

Méthodologie et participants

La microbiologiste Carolina Costa, de l’Université de Porto, a dirigé l’équipe de recherche qui s’est penchée sur ce phénomène. La version non éditée de l’étude a été publiée dans la revue scientifique Translational Psychiatry.

L’étude a porté sur 200 adultes. Les participants ont rempli des questionnaires détaillés, spécialement conçus pour mesurer et évaluer avec précision les traits psychopathiques. Les chercheurs ont également procédé à une analyse biologique approfondie à partir d’échantillons de sang, de salive et de selles, afin de déterminer avec précision la composition bactérienne des participants.

Résultats et bactéries associées

Les résultats montrent que, malgré l’absence de lien direct entre la diversité globale des micro-organismes présents dans la bouche et l’intestin et les traits psychopathiques, les personnes ayant obtenu les scores les plus élevés aux tests de psychopathie présentaient une abondance nettement supérieure de trois types spécifiques de bactéries par rapport aux autres participants :

Allisonella : cette bactérie a été associée à plusieurs maladies humaines et semble favoriser des processus inflammatoires considérés comme « un facteur important dans les troubles psychologiques tels que l’anxiété et la dépression ». Cela suggère une voie potentielle permettant de relier cette bactérie aux traits psychopathiques.
Prevotella : cette bactérie est associée à des différences structurelles dans certaines régions du cerveau impliquées dans le traitement des informations émotionnelles, attentionnelles et sensorielles. Elle pourrait ainsi entraîner des déficiences dans la précision du codage du contexte des stimuli externes.


C. evryensis : cette bactérie a montré une corrélation positive et significative avec les scores de psychopathie. À l’inverse, T. vincentii a présenté une corrélation négative avec ces mêmes scores.


Réserves scientifiques et problème de causalité

Les chercheurs eux-mêmes reconnaissent plusieurs limites qui imposent de considérer ces résultats avec prudence :

Taille de l’échantillon : l’étude repose sur un échantillon relativement limité et sur des résultats provenant en partie de déclarations personnelles, ce qui peut exposer les conclusions à certains biais.


Variations géographiques : la composition du microbiome peut varier considérablement selon les régions géographiques et les habitudes alimentaires propres à chaque culture.


Le problème de la causalité réciproque : puisque la communication entre le cerveau et le microbiome s’effectue dans les deux sens, il est impossible d’affirmer que les micro-organismes sont à l’origine des comportements psychopathiques. L’inverse pourrait également être vrai. Certains facteurs associés à la psychopathie — tels que des habitudes alimentaires particulières, des perturbations hormonales ou certains modes de vie — pourraient eux-mêmes façonner la composition du microbiote intestinal.

Cette étude constitue donc une étape exploratoire audacieuse dans la recherche des fondements biologiques des formes extrêmes du comportement humain. Il faudra toutefois mener des recherches plus vastes et plus approfondies pour déterminer dans quelle mesure certains micro-organismes participent réellement à l’apparition des traits psychopathiques et pour démêler cette interaction biologique complexe.

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