Le stratagème le plus insolite de l'histoire du sport : des injections génitales pour gagner aux JO
Par Frank Landymore .Publié le
2026/02/09 05:50
Février. 09, 2026
L'insolite n'a plus de limites. Une question pour le moins déconcertante secoue actuellement les Jeux Olympiques d'hiver de Milan-Cortina : des sauteurs à ski auraient-ils recours à des augmentations génitales pour planer plus loin ?
Cette polémique, qui semble tout droit sortie d'un roman de fiction, trouve son origine dans une enquête du quotidien allemand Bild. Selon le journal, certains athlètes de haut vol s’injecteraient de l’acide hyaluronique afin d’obtenir un avantage aérodynamique. En augmentant le volume des parties génitales, la surface de la combinaison est ainsi tendue et agrandie, générant théoriquement une portance accrue. Une stratégie qui donne au terme « crotch rocket » (fusée d'entrejambe) une dimension littérale et troublante.
Une affaire prise au sérieux par l'AMA
Loin d'être balayées d'un revers de main, ces allégations ont suscité une réaction officielle de l'Agence Mondiale Antidopage (AMA). Witold Bańka, président de l'organisation et ancien ministre polonais des Sports, s'est engagé à faire toute la lumière sur cette affaire.
« Le saut à ski est extrêmement populaire en Pologne, je vous promets donc que je vais examiner cela de très près », a-t-il déclaré avec un sourire en coin, selon des propos rapportés par The Guardian.
Un passif de tricheries « sous la ceinture »
Ce n'est pas le premier scandale lié à l’entrejambe dans cette discipline. L’année dernière, l’équipe norvégienne de ski avait été épinglée pour avoir manipulé ses combinaisons. Ils utilisaient des coutures interdites dans la région de l'aine pour augmenter artificiellement la surface de portance.
Si deux entraîneurs ont subi de lourdes sanctions, les médaillés olympiques Marius Lindvik et Johann Andre Forfang s’en sont tirés avec une suspension de trois mois, affirmant qu'ils ignoraient tout de ce stratagème « sous la ceinture ».
La science derrière l'absurde
Passer de la modification du tissu à l'injection médicale est un pas de géant, mais est-ce scientifiquement viable ? Le Dr Kamran Karim, cité par Bild, confirme l'aspect technique mais prévient des dangers : « Il est possible d'obtenir un épaississement visuel temporaire du pénis par injection de paraffine ou d'acide hyaluronique. Cependant, une telle intervention n'est pas médicalement indiquée et comporte des risques réels. »
Sur le plan de la performance, une étude publiée en octobre dernier dans la revue Frontiers révèle que chaque augmentation de deux centimètres de la circonférence de la combinaison accroît la portance de 4 %, ce qui peut se traduire par un gain de distance de près de 60 centimètres lors d'un saut.
Bien qu’aucune preuve irréfutable n’ait encore été apportée et qu'aucun athlète spécifique ne soit formellement soupçonné, la science suggère que la triche pourrait théoriquement fonctionner. Oliver Niggli, directeur général de l'AMA, a conclu avec prudence : « Si des éléments concrets remontent à la surface, nous traiterons le dossier sous l'angle du dopage. »
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